5/27/2017

Apparences

Dis, Maman, dit le Nourrisson, c'est eux encore qui ont fait le coup? Tu es très excusable de le penser, dit l'Avocate. Cela en a effectivement toutes les apparences. En fait non, ce n'est pas eux. Tu apprendras dans la vie qu'il faut toujours distinguer entre l'apparence et la réalité. Ce qu'on peut en revanche dire, c'est: 1) que des choses de ce genre, effectivement, leur sont d'une grande utilité. Ils en prennent aussitôt prétexte pour étendre encore davantage le contrôle social, accroître le budget des services spéciaux (leur garde prétorienne), voter de nouvelles lois répressives, etc. En l'occurrence, le gouvernement se propose de pérenniser l'état d'urgence actuel en l'inscrivant dans la loi ordinaire. On aura ainsi la chose, mais pas le mot. Erdogan lui-même n'y avait pas pensé. 2) Tu remarqueras aussi qu'ils ne combattent pas vraiment le ..., car pour ce faire il leur faudrait prendre un certain nombre de mesures que pour rien au monde ils ne sont disposés à prendre (en matière de contrôle des flux ... notamment). Ils sont donc dans la gesticulation. Quand ils disent qu'ils combattent le ..., comment les prendrait-on au sérieux? Tout le monde rit. 3) Nul n'ignore enfin leurs liens avec des organisations et des Etats directement impliqués dans le financement et la planification du ... en Europe. Le mot complicité serait faible. Donc non, je le répète, ce n'est pas eux qui ont fait le coup. Prends maintenant ton biberon, c'est l'heure.

5/26/2017

Long chemin

Regarde, dit l'Etudiante. L'association des étudiants en médecine de ... a décidé de changer de nom: elle s'appellera désormais "association des étudiantes en médecine"*. Comme il y a maintenant plus d'étudiantes que d'étudiants, on a pensé qu'il fallait en tirer les conséquences. Voilà, c'est fait. L'égalité est un long chemin. Max Scheler a écrit autrefois un livre intitulé L'homme du ressentiment, dit l'Auditrice. Il aurait dû préciser que seul l'homme (au sens d'être humain mâle) est capable de ressentiment. L'être humain femelle, lui, en est complètement incapable. Je ne sais pas de quoi vous parlez, dit la Poire. Vos remarques sont déplacées. Je vous explique, dit l'Auditrice. Comme toutes les professions dont le statut social est orienté à la baisse, autrement dit se prolétarise si vous préférez, la médecine, aujourd'hui, a tendance à se féminiser. Mais aussi, comme vous le voyez, à s'idéologiser. Les deux choses vont de pair. Parce qu'elle se féminise, dit la Poire? Non, dit l'Auditrice: parce qu'elle se prolétarise. On peut aussi dire autre chose, dit l'Ethnologue. La médecine est aujourd'hui une branche de l'Etat total. Il est donc normal qu'elle en vienne à parler la langue de l'Etat total. L'Etat total, comme vous le savez, étant d'abord une langue: ce qu'Orwell appelait la novlangue. On en a ici une illustration. Bref, si je comprends bien, on a intérêt aujourd'hui à ne pas trop tomber malade, dit l'Ecolière.

* Le Temps, 26 mai 2017, p. 4.





5/24/2017

Récréation

Bon, dit l'Ethnologue, mettons-nous à leur place. Ce sont des êtres sensibles. D'abord le Brexit, ensuite l'élection américaine: ils sont encore sous le choc. En plus, ils ont été cueillis à froid. Ils ne s'y attendaient pas. Bref, à un moment donné, ils se sont dit: stop. Trop c'est trop. Le droit à la légitime défense n'a pas été inventé pour rien. Donc voilà. Nous avons déjà parlé de ce pauvre ..., qui, en 2013, avait dit que la Russie de Poutine n'était pas exactement ce que les médias officiels disaient qu'elle était. Vous avez vu ce qui lui est arrivé*. En Suisse aussi, la situation a subi une saine clarification. Devinez de qui je parle. Ce type, il faut le dire, leur posait depuis longtemps déjà de gros problèmes. N'avait-il pas, en 2009,  soutenu une initiative ...phobe, initiative, hélas, plébiscitée par 58 % des gens**? Une agence de voyages spécialisée dans les cas difficiles s'est tout particulièrement occupée de lui: oh, juste le temps nécessaire. Pas plus. Ils ont un peu aussi bourré les urnes, mais c'est un détail***. Bref, la récréation est finie. On vient de parler de Trump. Il a peut-être gagné l'élection, mais nul n'imagine un seul instant qu'il terminera son mandat. On ne résiste pas aux services spéciaux. On peut, certes, leur résister, ce n'est pas en soi un problème. Mais on n'est alors ni ministre, ni président. On fait autre chose.

* Voir "Enseignement", 12 mars 2017.      
** Voir "42 %", 30 novembre 2009.
*** Voir "Deux précautions", 25 mars 2017.





5/21/2017

En marche (3)

Le modèle, en l'occurrence, ce sont les révolutions orange, dit le Colonel. Les révolutions orange sont des produits finis, en règle générale livrés clés en mains. On en a ici une illustration. Les exécutants suivent un mode d'emploi, il est relativement simple. Mais je parle ici des exécutants. Derrière les exécutants, il y a les ... .... Et derrière eux encore, les dirigeants. Ces derniers n'apparaissent que rarement sur le devant de la scène. Quant aux ... ... (en l'occurrence, sans doute, allemands et états-uniens), ils appliquent la règle sacro-sainte de l'action subversive: jamais d'action directe. D'où le recours usuel à des organisations-façade (Front Organizations): associations culturelles, ONG, agences de voyage, etc. En marche n'est bien sûr pas une agence de voyage. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Les révolutions orange, on le sait, ont été le principal vecteur de l'extension, à l'Est, de la sphère d'influence occidentale. La France étant depuis longtemps intégrée au camp occidental (celui, n'est-ce pas, de la paix, de l'ouverture, de la démocratie), on ne parlera évidemment pas ici d'extension. L'extension est déjà là. Sauf qu'il faut encore s'occuper des finitions: en matière d'ouverture, notamment. Les choses ne vont pas assez vite dans ce domaine. Les dirigeants s'inquiètent également d'un certain nombre de contre-tendances. Les laisser ainsi se développer, comme on le fait, n'est pas acceptable. C'est cela même qui est en cause.







5/04/2017

En marche (2)

L'ère des princes-esclaves* est aujourd'hui close, dit le Visiteur. Un nouveau régime se met en  place, celui de l'administration directe (Direct Rule). C'est le sens de l'élection actuelle. En même temps, on est passé à la vitesse supérieure. D'ici cinq ans au plus, un certain nombre de choses devront être réglées. On est au-delà ici de la droite et de la gauche. C'était déjà le cas auparavant, mais maintenant c'est officiel. Il reste un peu de gauche encore à l'extrême gauche (et à l'extrême droite), de droite à l'extrême droite (et à l'extrême gauche). Mais un peu seulement. Ce sont de vieilles choses, reléguées, encore une fois, à la marge. Avec le temps, elles disparaîtront. Des législatives sont prévues pour le mois prochain: on peut raisonnablement penser que ce seront les dernières. Des élections, pourquoi faire? En marche n'est pas exactement déjà le parti unique, mais il a tout à fait vocation à le devenir. Le dialogue démocratique se limitera dès lors à des échanges entre les diverses nuances de l'ultra-féminisme, du transhumanisme et de l'...philie. Pourquoi non. Ces nouveaux clivages orientent un espace qui, sans eux, n'offrirait assurément pas les mêmes avantages en termes, à la fois, de gouvernance, de contrôle social et d'optimisation des flux. Les entités qui ont conçu et monté cette opération ont, jusqu'ici au moins, réussi un sans-faute.

* Voir "Quelque part", 7 février 2013.