4/29/2016

C'est bien la preuve

Tout à l'heure, à la radio, un apparatchik a déploré le fait que les gens, quand ils se rendent à une manifestation, portent désormais des gilets pare-balles, dit l'Etudiante. Des gilets pare-balles, mais aussi des masques à gaz. C'est bien la preuve, disait-il, que ces gens ont basculé dans "l'ultra-violence"*. L'ultra-violence, ce ne sont pas les gardes mobiles arrosant les gens de gaz toxiques, mais bien ceux, en application du principe de précaution, assez rationnellement, donc, essayant d'éviter l'asphyxie. Soit, dit l'Auditrice. Il yoyote. Cela étant, regarde les dirigeants. Quand ils sortent de leurs bunkers, c'est toujours en voiture blindée, entourés de gardes du corps. La circulation est bloquée, des militaires en armes sont postés à tous les coins de rue. Etc. On peut quand même, en l'occurrence, se poser certaines questions. Ils ne portent pas de masques à gaz, dit l'Etudiante.

* France Inter, 29 avril 2016.

4/28/2016

Espaces spéciaux

Qu'on soit en régime gynécocratique n'empêche pas les féministes de geindre en permanence sur le triste sort des femmes dans nos sociétés hyper-machistes, dit l'Etudiante. L'autre jour, à l'Emission, elles en ont remis encore une couche. Une tchékiste à voix métallique a réclamé la création d'"espaces spéciaux" réservés aux femmes. Celles-ci se verraient ainsi protégées contre la "violence masculine". Le lendemain même, dans le Gratuit, on racontait l'histoire d'un homme accusé à tort de viol: à tort, mais on ne s'en était pas rendu compte tout de suite. Le type a fait une dépression et plusieurs tentatives de suicide. Il a naturellement perdu son emploi. Quel rapport, dit la Poire?


4/04/2016

Trop pénible

Tenez, dit l'Ethnologue, c'est dans Guerre et paix: "L'approche de l'ennemi ne rendit pas les Moscovites plus sérieux, bien au contraire. Il en va toujours ainsi devant l'imminence d'une catastrophe. Deux voix également fortes s'élèvent alors dans l'âme: l'une conseille sagement de se rendre compte du péril et de chercher les moyens d'y parer; l'autre, plus sagement encore, dit qu'il est trop pénible de penser au danger, que l'homme ne saurait tout prévoir ni échapper à la marche des événements, et qu'il vaut mieux écarter toute pensée fâcheuse devant le fait accompli. Dans la solitude, l'homme obéit généralement à la première de ces voix; en société, au contraire, il se soumet à la seconde. Et voilà pourquoi on ne s'était jamais tant amusé à Moscou que cette année-là"*. Tu trouves que les gens, aujourd'hui, s'amusent, dit l'Ecolière? J'interprète ta question, dit l'Ethnologue. Tu penses, avec raison, que leurs jeux sont stupides. Et donc tu penses qu'ils ne s'amusent pas. Là, tu te trompes. Ils s'amusent au contraire beaucoup. Il ne faut pas surévaluer ses contemporains.

* Tolstoï, Guerre et paix, Pléiade, p. 974.


4/01/2016

Prix Nobel

La Carpe n'a pas de pétrole, mais elle a des idées, dit l'Auditrice. Chacun sait qu'en 2016, une nouvelle déferlante est attendue, plus importante encore que la précédente. Cela leur pose évidemment des problèmes. Ils ont déjà eu de la peine à caser les ... de 2015. Qu'en sera-t-il de ceux de 2016? La Carpe a trouvé la solution. Un projet de loi vient ainsi de voir le jour, il instaure, entre autres, un droit d'expropriation en cas de besoin. L'expropriation, il fallait y penser. Le prix Nobel est désormais à sa portée. Tu poses mal le problème, dit l'Ethnologue. Tu dis que l'expropriation leur sert à résoudre les problèmes migratoires: en fait, c'est le contraire. Les migrants leur servent à résoudre les problèmes de propriété. Ils veulent chasser les gens de chez eux. Quel meilleur moyen encore, pour y parvenir, que d'encourager, comme ils le font, ces mouvements pré-programmés et organisés de population? L'immigration n'est pas pour eux le problème, c'est la solution. Certaines personnes, à tort, se considèrent comme étant chez elles chez elles (dans leur maison, en ..., en Europe, etc.). Il faut les ramener à la réalité. Allez, dégagez, et plus vite que ça.